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Le Cri (Skrik, 1893) est un tableau expressionniste de l'artiste norvégien Edvard Munch. Cette œuvre, symbolisant l'homme
moderne emporté par une crise d'angoisse existentielle, est souvent considérée comme l'œuvre la plus importante de l'artiste. Le paysage au fond est Oslo, vu depuis la colline d'Ekeberg.
Les couleurs
L’opposition des couleurs chaudes et froides que sont le rouge-orangé et un bleu presque noir, couleurs opposées donc mais
surtout complémentaires car situées l’une en face de l’autre dans le cercle chromatique, est pleine de symboles. Le rouge d’abord, qui renvoie au feu, au sang et à la souffrance ; et puis le
bleu-noir qui lui symbolise la mort, le vide, l’absence de vie.
Le sens de l’œuvre
Proche par sa culture de la philosophie de Schopenhauer et surtout de Nietzsche dont le pessimisme radical l’a fortement
influencé, Edvard Munch entreprend une série de tableaux dans lesquels rôde le thème omniprésent de la mort. Sa conception de l’humanité est d’un pessimisme effrayant. Munch s’acharne à vouloir
percer les mystères de l’âme humaine à partir des images qui le hantent depuis longtemps, principalement les événements tragiques de son enfance, comme la perte de sa mère et d’une de ses sœurs
qui moururent toutes deux de tuberculose. Ainsi, à travers son Cri, Edvard Munch traduit ses obsessions et invente ainsi le style de l’angoisse. L’effet d’enroulement du tableau agit tel un
tourbillon d’angoisse et de tourments, un cercle vicieux auquel on ne peut échapper.
L'artiste a associé une note dans un de ses journaux a propos de cette oeuvre: « J'étais en train de marcher le long de la
route avec deux amis - le soleil se couchait - soudain le ciel devint rouge sang – j'ai fait une pause, me sentant épuisé, et me suis appuyé contre la grille - il y avait du sang et des langues
de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville - mes amis ont continué à marcher, et je suis resté là tremblant d'anxiété - et j'ai entendu un cri infini déchirer la Nature ».
On ne semble pas pouvoir échapper au cri de la Nature, à moins de se boucher les oreilles; ce que fait le personnage central
. Le spectateur ne peut échapper au vertige des courbes: à droite la barre verticale à gauche le point de fuite. Ce vertige s'exprime de l'angoisse provoquée par le personnage central, comme le
pressentiment d'un malheur que les deux personnages à l'arrière-plan semblent ignorer.
Le personnage central est représenté vraiment étrangement, on dirait qu'il est déjà mort , une sorte de mélange entre un
fantôme dont le corps ondule et flotte dans les airs et un squelette ou un cadavre de par sa tête qui semble être dépourvue de cheveux, ses yeux qui semble creux et sa bouche grand
ouverte.
Sa bouche semble penser qu'il est en train de crier lui aussi pourtant en même temps il se bouche les oreilles.
Ce qui peut nous faire penser à une sorte de cri intérieur que l'artiste a essayer de représenter en se représentant de cette
façon.
Un cri pour montrer sa peur de la maladie et de la mort et par la même occasion de sa solitude d'où l'éloignement par rapport
aux autres personnages.
On peut aussi renforcer l'idée de la mort par la position à gauche des hommes et à droite du précipice (l'enfer) et de la
barre verticale marquant un arrêt : la mort.
Vie de Munch:
Fils d’un docteur militaire ayant de fortes convictions religieuses, Edvard Munch vient au monde en 1863 à Loten, en Norvège.
Les revenus de ses parents sont modestes, mais de son enfance, Edvard Munch retiendra surtout la maladie et la mort qui endeuillèrent sa famille, puisqu’il est à peine âgé de cinq ans lorsque sa
mère et sa sœur décèdent des suites de la tuberculose. Ces décès lui donneront le goût des représentations morbides qui traitent avec brillant la psychologie humaine la plus sombre et la solitude
des êtres.
En 1885, Munch se rend à Paris pour une courte excursion, où il est surtout influencé par l’impressionnisme. Il commence
alors à peindre, sous le regard attentif de son professeur de l’époque qui n’est autre que le peintre naturaliste le plus célèbre de Norvège, Christian Krohg. En 1889, il retourne à Paris, mais
cette fois-ci avec une bourse, et devient l’élève de Léon Bonnat. Un an plus tard, il fait la connaissance de Gauguin, dont il reçoit la plus forte impulsion. Ainsi, dans la célèbre Mélancolie,
de 1892-1893, Munch, tout comme le maître français, peint par larges aplats délimités par des contours sombres. Le dernier séjour parisien (1896-1898) se situe pendant la grande époque du
symbolisme, période riche en évènements artistiques, en prises de position et en manifestes. Munch expose à la galerie Art Nouveau - si réputée qu'elle donne son nom à un style - et aux
Indépendants. Il faut cependant attendre l’automne de l’année 1892, pour que Munch, grâce à une large représentation de son art, parvienne à se faire connaître du grand public. Car si son
exposition est très contestée, l’artiste acquiert une certaine popularité.
Invité par l'Association des artistes berlinois, Edvard Munch s’installe à Berlin et devient un familier des cercles
philosophico-artistiques dominés par l'ombre pesante et tragique de Nietzsche et par d’autres personnalités de Stindberg telles que le poète Polonais Stanislav Przybyszewski, le sculpteur
norvégien Gustav Vigeland ou encore l'historien allemand Jules Meier-Graefe. En décembre 1893, au cours d’une exposition au Unter den Linden, il montre six peintures appelées « la Frise de la Vie
», dont fait partie Le Cri, qui le rendra célèbre. Le succès de son œuvre provoque la fondation de la Sécession.
C'est à Berlin que Munch exécute ses premières lithographies et ses premières pointes sèches, puis les eaux-fortes et les
gravures sur bois. Il deviendra un maître dans ces diverses techniques, reprenant sans cesse les thèmes de ses tableaux. Sa réputation est telle que, revenu à Paris, il reçoit moult commandes
pour illustrer des ouvrages ou peindre des portraits. Son activité de décorateur est elle-aussi considérable : après la Frise de la vie qui avait été exposée aux Indépendants en 1897, il
travaille pour des mécènes allemands et scandinaves. Une série de peintures de paysage de fjord de Christiana, décoratives et sensibles de la nature, est considérée comme un des points culminants
dans le symbolisme nordique. Mais son œuvre majeure reste la décoration de l'aula de l'université d'Oslo, à l'époque Christiana. Seulement, son art est qualifié de "dégénéré" par les nazis, et
plus de 80 de ses œuvres exposées dans des musées allemands seront vendues.
Sa vision artistique fut souvent condamnée ou mal comprise, car comme Van Gogh, Munch appartient aux personnes ayant une
certaine révolte, et dont l’activité créatrice et l’inspiration violente est indissociable d’une vie marquée par des évènements dramatiques. L’abus d’alcool aggrave son déséquilibre psychique, si
bien qu’en 1908 il fait une grave dépression ; il ressasse jusqu’à la torture une tragique histoire d’amour qui se serait soldée par une fusillade dont il serait sorti blessé à la main gauche. Il
n’oubliera jamais cette humiliation, jusqu’à l’obsession. Il meurt dans sa propriété d’Ekely, au bord du fjord d’Oslo, le 23 janvier 1944.